Ombrières photovoltaïques : votre commune est-elle concernée ?

Pourquoi vos parkings devront bientôt passer au solaire ?

Suite à l’article 40 de la loi APER, modifié par l’article 8 de la loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, et au décret d’application n° 2024-1023.

Quelle est l’obligation ?

Installer un dispositif de production d’énergie de type ombrière photovoltaïque sur au moins 50 % de la superficie des parkings de plus de 1 500 m².

Quelles sont les échéances pour se mettre en règle ?

Le 1er juillet 2026 pour les parkings dont la superficie est supérieure ou égale à 10 000 m².

Dans le cas où un parking serait supérieur à 10 000 m², mais où la conclusion ou le renouvellement de la concession ou de la délégation de service public intervient après le 1er juillet 2026, l’échéance est reportée au 1er juillet 2028.

Le 1er juillet 2028 pour les parkings supérieurs à 1 500 m² et inférieurs à 10 000m².

Dans quel cas peut-on avoir un délai supplémentaire ?

Pour un parking supérieur ou égal à 10 000 m² :
Il faut avoir un contrat d’engagement avec acompte signé avant le 30 juin 2026 et un bon de commande signé avant le 30 décembre 2026 prévoyant l’installation de panneaux photovoltaïques avant le 1er janvier 2028. En cas de résiliation ou de non-respect du contrat d’engagement ou du bon de commande imputable au producteur des panneaux photovoltaïques, un délai de 18 mois est accordé au propriétaire du parc de stationnement pour se conformer à ses obligations. Ce délai ne peut pas excéder la date du 1er janvier 2028.

Pour un parking supérieur à 1 500 m² et inférieur à 10 000 m² :
Il faut avoir un contrat d’engagement avec acompte signé avant le 30 juin 2027 et un bon de commande signé avant le 30 décembre 2027 prévoyant l’installation de panneaux photovoltaïques avant le 1er janvier 2030. En cas de résiliation ou de non-respect du contrat d’engagement ou du bon de commande imputable au producteur des panneaux photovoltaïques, un délai de 18 mois est accordé au propriétaire du parc de stationnement pour se conformer à ses obligations. Ce délai ne peut pas excéder la date du 1er janvier 2030.

Les exemptions

L’application des règles des plans locaux d’urbanisme ne peut avoir pour effet d’interdire ou de limiter l’installation de dispositifs d’ombrières photovoltaïques et de solutions d’ombrage végétalisées.

Ne sont pas concernés :

Les parkings de moins de 1 500 m²

Les parkings souterrains

Les parkings en ouvrages


Un parking en ouvrage est un parking aménagé dans une structure bâtie au-dessus du sol : parking silo à plusieurs niveaux, stationnement en étage d’un bâtiment ou sur sa toiture.

Les stationnement de part et d’autre d’une voie de circulation


Les stationnements situés le long d’une voie de circulation ne sont pas considérés comme un parc de stationnement et ne sont donc pas soumis à la loi.

Les parkings ombragés par des arbres sur au moins 50 % de leur superficie


Un parc de stationnement est considéré ombragé sur plus de la moitié de sa superficie en cas de présence, aux échéances fixées par la loi, d’arbres à canopée large, répartis sur l’ensemble de celui-ci, à raison d’un arbre pour trois emplacements de stationnement. Ces arbres doivent offrir ou permettre d’offrir l’ombrage nécessaire.
Le gestionnaire du parc peut établir que les arbres plantés dans le parking assurent, d’ores et déjà, l’ombrage de plus de la moitié de sa surface.

Ne sont pas concernés :

Les parkings ayant des contraintes techniques liées à la nature du sol, telles que la composition géologique ou l’inclinaison, rendant l’installation d’ombrières photovoltaïques impossible.

Les parkings pour lesquels il est techniquement impossible de ne pas aggraver un risque naturel, technologique, relatif à la sécurité civile ou relatif à la sécurité nationale.

Les parkings pour lesquels l’installation d’ombrières photovoltaïques est incompatible avec les contraintes techniques liées à l’usage du parc de stationnement.

Les parkings situés sur un terrain classé ou inscrit au titre des monuments historiques, dans les abords de ces monuments ou dans le périmètre d’un site patrimonial remarquable.

Les parkings situés dans un site inscrit ou classé, ou à l’intérieur du cœur d’un parc national.

Les parkings situés sur un terrain protégé au titre de l’article L. 151-19 du Code de l’urbanisme.

Les parkings pour lesquels l’installation d’ombrières photovoltaïques est incompatible avec l’application des dispositions du Code de l’environnement visant à préserver l’environnement.

Les parkings ayant des contraintes techniques ou un ensoleillement insuffisant engendrant des coûts d’investissement portant atteinte de manière significative à la rentabilité de l’installation.


La rentabilité de l’installation est affectée de manière significative lorsque le coût actualisé de l’énergie produite sur une durée de vingt ans est supérieur à la valeur du tarif d’achat ou du tarif de référence utilisé pour le calcul des revenus pouvant être obtenus par la vente de l’électricité produite par l’installation, multiplié par un coefficient.
La valeur de ce coefficient, ainsi que le calcul du coût actualisé et des revenus, sont définis par un arrêté conjoint des ministres chargés de l’urbanisme et de l’énergie.

Pour les parkings où le coût total hors taxe des travaux nécessaires pour respecter l’obligation de solarisation compromet la viabilité économique du gestionnaire du parking ou sa capacité de financement initiale.


D’après la loi, le coût des travaux couvre la fourniture des équipements et des matériaux, l’installation et la mise en œuvre, la réalisation des raccordements éventuels et, dans le cas d’un parking existant, les coûts liés à l’adaptation du parking lorsqu’ils sont nécessaires pour la réalisation de l’obligation. Il inclut le coût des travaux nécessaires pour surmonter la difficulté technique, y compris lorsque ces travaux sont induits par le respect d’une réglementation.
Dans le cas des ombrières comportant des panneaux photovoltaïques, les coûts associés à la fourniture des équipements et du matériel peuvent comprendre la provision passée pour le renouvellement des onduleurs.

– Lorsqu’il est supporté par le gestionnaire du parc de stationnement, le coût des travaux liés à l’installation des ombrières est diminué des revenus actualisés pouvant être obtenus par la vente de l’électricité produite durant vingt ans, déterminés sur la base d’une évaluation du productible de l’installation et des mécanismes de soutien à la production d’électricité, selon une méthode définie par un arrêté conjoint des ministres chargés de la construction et de l’énergie, qui prévoit le taux d’actualisation à appliquer.

– Lorsque le coût des travaux est supporté par un tiers investisseur, le coût des travaux liés à l’installation d’ombrières correspond au reste à charge éventuellement demandé par le tiers investisseur au gestionnaire.

Pour les parkings où le coût total hors taxe des travaux nécessaire possède un caractère excessif


Le caractère excessif du coût des travaux est établi par le dépassement d’un rapport entre le coût total hors taxe des travaux nécessaires au respect de cette obligation et :

– soit la valeur vénale de ce parking au jour de la demande d’exonération, lorsqu’il s’agit d’un parking existant et que les travaux ont pour seul objectif de répondre aux obligations de la loi.


– soit le coût total hors taxe des travaux de création, ou de rénovation du parking, au sens de l’article R. 111-25-2 du code de l’urbanisme, en l’absence de mise en œuvre de cette obligation.

D’après la loi, le coût des travaux couvre, la fourniture des équipements et des matériaux, l’installation et la mise en œuvre, la réalisation des raccordements éventuels, et, dans le cas d’un parking existant, les coûts liés à l’adaptation du parking lorsqu’ils sont nécessaires pour la réalisation de l’obligation. Il inclut le coût des travaux nécessaires pour surmonter la difficulté technique, y compris lorsque ces travaux sont induits par le respect d’une réglementation.
Dans le cas des ombrières comportant des panneaux photovoltaïques, les coûts associés à la fourniture des équipements et du matériel peuvent comprendre la provision passée pour le renouvellement des onduleurs.

– Lorsqu’il est supporté par le gestionnaire du parc de stationnement, le coût des travaux liés à l’installation des ombrières est diminué des revenus actualisés pouvant être obtenus par la vente de l’électricité produite durant vingt ans, déterminés sur la base d’une évaluation du productible de l’installation et des mécanismes de soutien à la production d’électricité, selon une méthode définie par un arrêté conjoint des ministres chargés de la construction et de l’énergie, qui prévoit le taux d’actualisation à appliquer.

– Lorsque le coût des travaux est supporté par un tiers-investisseur, le coût des travaux liés à l’installation d’ombrières correspond au reste à charge éventuellement demandé par le tiers-investisseur au gestionnaire.

Lorsque le gestionnaire du parc de stationnement organise une procédure visant spécifiquement, ou comprenant un lot visant spécifiquement l’installation d’ombrières photovoltaïques
, l’absence de réponse ou le caractère infructueux de la procédure, attesté par le gestionnaire, permet de présumer le caractère excessif du coût des travaux.
Dans le cadre d’une procédure allotie, le caractère infructueux s’apprécie sur le lot portant sur l’installation des ombrières photovoltaïques.

Les procédures mentionnées à l’alinéa précédent, auxquelles le gestionnaire se soumet de manière obligatoire ou volontaire, sont :
1° Les procédures de mises en concurrence prévue par le code de la commande publique ;
2° La procédure de sélection prévue à l’article L. 2122-1-1 du code général de la propriété des personnes publiques ;
3° Les procédures d’appel à manifestation d’intérêt prévues aux II et III de l’article L. 2122-1-3-1 du même code.

Pour les parkings où stationnent des véhicules transportant des matières dangereuses, ou aux parking constituant une ICPE.


ICPE : Installations classées pour la protection de l’environnement.

Les exemptions temporaires

Les exemptions temporaires s’appliquent aux parkings dont la suppression ou la transformation totale ou partielle est prévue dans le cadre d’une action ou d’une opération d’aménagement pour laquelle une première autorisation est délivrée avant l’expiration des délais prévus par la loi selon la superficie du parking.

Pour les parkings transformés en partie, les obligations s’appliquent sur la partie restante du parking.

C’est le préfet qui peut prononcer une exemption temporaire de 5 ans. Elle peut être prorogée 1 fois d’une durée maximale de 2 ans.
Les travaux doivent être engagés dans la durée de validité de l’exception, a défaut, celle-ci sera caduque. L’obligation devra alors être satisfaite dans un délai de 2 ans suivant la caducité.

Liste des actions ou opérations d’aménagement permettant l’obtention d’une exemption temporaire :

– Le parking fait l’objet d’un projet partenarial d’aménagement ;
– Le parking fait l’objet d’une convention d’opération de revitalisation de territoire ;
– La suppression ou transformation du parking est nécessaire à la réalisation d’une opération d’intérêt national ;
– La suppression ou transformation du parking s’inscrit dans une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) d’un plan local d’urbanisme (PLU ou PLUi) approuvé ou dont l’élaboration ou la révision est arrêtée avant le 1er janvier 2026 pour les parcs de supérieur ou égal à 10 000m² et avant le 1er janvier 2028 pour les parkings compris entre 1 500 et 10 000 m².

Comment obtenir son exemption ?

Il appartient au propriétaire ou au gestionnaire du parc de stationnement de justifier par une attestation qu’il répond à un ou plusieurs critères d’exemption.

Cette attestation comprend :

– L’ensemble des éléments qu’il estime nécessaire de produire ;

– Un résumé non-technique ;

– Une étude technico-économique, uniquement pour une exemption en raison de contraintes technique, géologique, liée à l’inclinaison du sol ou liée à un ensoleillement insuffisant. L’étude est réalisée par une entreprise disposant d’une qualification certification professionnelle conforme aux exigences du dispositif de soutien auquel l’installation est éligible.


Ni l’étude technico-économique, ni le résumé non-technique ne sont exigés lorsque le parc est exempté des obligations en raisons du stationnement de véhicules transportant des marchandises dangereuses ou lorsque le parking constitue une ICPE.

Des pénalités prévues ?

20 000 € par an et par parking,
pour les parkings entre 1 500 et 10 000 m².


40 000 € par an et par parking,
pour les parkings de supérieur ou égal à 10 000 m².

Cette sanction est proportionnée à la gravité du manquement.
Le préfet mettra en œuvre une procédure contradictoire préalablement à l’application des sanctions.

Comment appliquer la loi ?

Qu’est-ce que la loi prend en compte dans la surface à solariser ?

Un parc de stationnement ou parking est défini comme étant les cheminements et emplacements destinés au stationnement des véhicules situés en dehors de la voie publique, au sein d’un périmètre compris entre la ou les entrées et la ou les sorties du parc de stationnement.

La surface de stationnement

L’ensemble des places de stationnement ainsi que des espaces de cheminements des véhicules sont comptabilisés pour déterminer si le parking doit être solarisé et quelle surface doit être recouverte.

Les espaces verts

Les espaces verts comme les espaces de cheminement piétons ou les espaces de repos ne sont pas pris en compte dans le calcul de la surface du parking à solariser.

Les zones poids-lourds et les zones de logistique

Les surfaces dédiées au cheminement et au stationnement des véhicules lourd avec un PTAC > 7,5 Tonnes affecté au transport de marchandise ainsi que les espaces dédiés à la logistique (manutention, chargement, déchargement) ne sont pas prises en compte dans le calcul de la surface du parking à solariser.

Les matières dangereuses et sites ICPE

Les espaces dédiés au stationnement de véhicules transportant des marchandises dangereuses ne sont pas pris en compte dans le calcul de la surface du parking à solariser.

Il en est de même pour les espaces situé à moins de 10 mètres d’un site classé ICPE ou des zones nécessaires à la mise en œuvre nécessaires aux prescriptions du site ICPE à proximité.

Quelles sont les solutions ?

Les ombrières photovoltaïques

Il faut qu’au moins 50 % de la superficie du parking est recouvert d’un système d’ombrières photovoltaïques pour que le parking soit considéré comme conforme vis à vis des obligations.

Le procédé mixte

Il faut qu’au moins 50 % de la superficie du parking soit équipé d’un procédé mixte assurant un ombrage pour que le parking soit considéré comme conforme vis à vis des obligations.

Le procédé mixte consiste à ce qu’au moins 35 % de la surface à solarisé soit recouvert d’ombrières photovoltaïques et que le reste soit équipé d’un dispositif végétalisé permettant un ombrage.

La production ENR alternative

Il est possible d’installer un dispositif de production d’énergie renouvelable, autre que les ombrières photovoltaïques, en complément ou à la place de celle-ci dès lors que la production de cette installation est équivalente à la production qu’aurait généré l’installation d’ombrière recouvrant la surface du parking non équipé.

Les cas particuliers

DSP, concession et autorisation d’occupation de l’espace public

Il revient au concessionnaire ; délégataire ou titulaire de l’autorisation d’occupation de se mettre en conformité vis à vis des obligations de solarisation.

En cas de parkings adjacents

Quand il existe des parcs de stationnement adjacent, les obligations de solarisation de chacun peuvent être mutualisées.
Le ou les propriétaire de ces parcs de stationnement doivent attester leur accord de mutualisation. Cet accord devra être tenu à la disposition des agents de l’état en charge du contrôle et indiquer les modalités techniques de la mise en œuvre de cette mutualisation.

Pour que la mutualisation soit en règle, il faut que la surface d’ombrières photovoltaïques et/ou de solutions végétales soit équivalente à la somme des obligations de chacun des parcs.

Lorsque les parcs de stationnement relèvent du même gestionnaire, celui-ci tient à la disposition des mêmes agents une notice exposant les modalités techniques de mise en œuvre de cette mutualisation.

Les modalités de financement d’un projet d’ombrières photovoltaïques

Comment instruire ce type de projet ?

Pour les projets ayant une puissance installée inférieure à 3 MWc, le projet est soumis à déclaration préalable.

Pour les projets ayant une puissance installée supérieure à 3 MWc, le projet est soumis à permis de construire.

Dans le cas où le projet se situe au sein d’un périmètre protégé au titre du patrimoine, d’une réserve naturelle et d’un cœur de parc national, le projet est soumis au dépôt d’un permis de construire, quelle que soit la puissance installée.

Les ombrières photovoltaïques de parking ne sont pas soumises à une évaluation environnementale.

Les délais d’instruction sont :

– De 1 mois dans le cadre d’une déclaration préalable ;
– De 3 mois dans le cadre d’un permis de construire.

A noter que ces délais peuvent être allongés d’un mois si le projet est dans un site patrimonial remarquable ou aux abords de monuments historiques, et de trois mois si l’accord de l’architecte des Bâtiments de France est requis.

Quelles sont les étapes pour lancer son projet ?

1. Identifier les parkings concernés par l’obligation.

2. Se faire accompagner. Pour cela, les syndicats d’énergies départementaux et les énergéticiens sont la clé.

3. Étudier la faisabilité et les modalités de financement possible.

Crédits

Loi et décret d’application : Légifrance​
Réalisation : ADT Infos

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